Andry RASOLO - Guitariste Chanteur du groupe ANKOAY sur HRMG

Date : Vendredi 02 mai 2014 @ 13:04:32 :: Sujet : La scène rock malgache




---*** SORTIE DE L’ALBUM «MALAGASY AHO» - ANKOAY ***---



À l’occasion de la sortie du premier album «Malagasy aho» du Groupe Ankoay, Andry RASOLO, guitariste chanteur du groupe se livre sur HRMG .

Bonnes lectures!



Handrix

ANKOAY en CONCERT :
Samedi 10 mai au KLUB
14 rue Saint-Denis, 75001 Paris, à partir de 19 heures.
Métro : 1, 4, 7, 11 et 14 - RER A, B et D - Station Châtelet.





LE GROUPE ANKOAY



LES MEMBRES :
Andry RASOLO :
Chant
Romains : Guitare rythmique
Alban : batterie
Miora : Background vocals
Haja :
Guitare solo
Fred : Guitare basse
Vony : Claviers



Andry RASOLO – Guitariste Chanteur du groupe ANKOAY :


Handrix - Salut Andry RASOLO, félicitations pour cet heureux évènement! Je te laisse présenter le groupe Ankoay et ses membres aux lecteurs de HRMG ...

Andry RASOLO - Mon Bonjour à Handrix et aux lecteurs de HRMG.
En quelques mots, le groupe Ankoay est né pendant le Festival de Rock et Métal malgache, Soundfest 2011, qui a eu lieu le 15 octobre 2011 à Seine-Saint-Denis, dans le 93. Comme je voulais y participer, j’ai fondé un autre groupe à la place de l’ancien qui a splitté. J’ai pu réunir quelques musiciens, dont Hiarivelo Randrianantoandro (« Mahatsangy ») à la basse, Alvino Rakotoherifanja à la batterie, Bodo au chant, moi-même au chant et à la guitare rythmique, et Thierry Ratsimbazafy (« Dekapy ») à la guitare solo avec qui je commençais à travailler à distance afin d’arranger les chansons du groupe. Le nom ANKOAY est venu pendant les séances de répétitions qui ont précédé le Soundfest 2011.



Handrix - D’accord. Mais histoire de creuser un peu plus, étant alors fondateur du groupe, pourrais-tu développer sa construction, historiquement et techniquement, à travers toi j’entends par là?

Andry RASOLO - Historiquement et techniquement, la construction d’Ankoay est reliée à mon parcours artistique.

J’ai commencé à composer vers l’âge de 16-17 ans. L’écriture est venue plus tôt. Dans le début des années 90, à Madagascar pendant mes années Collège et Lycée, je répétais avec des amis pour le fun. A l’époque, c’était encore plutôt des reprises qu’on jouait car je ne voulais pas encore mettre en avant mes compositions. Textuellement, j’écrivais déjà des poèmes dont certains sont devenus les paroles des chansons d’Ankoay plus tard. Puis après le Baccalauréat, en 1992, j’ai fait des études de Sciences économiques à l’Université d’Antananarivo. J’ai arrêté de composer pendant la durée de mes études universitaires à Madagascar, même si je continuais à faire des jam-sessions de temps en temps avec d’autres musiciens, d’écouter toute sorte de musique (car j’ai des goûts musicaux assez éclectiques) et de lire des poètes malgaches comme Rado ou Elie Rajaonarison. Puis je suis venu en France en 1997 afin de poursuivre mes études. Cela correspondait aussi à la période où je me suis remis à composer et écrire des chansons.





Andry RASOLO - Chanteur du groupe ANKOAY


J’ai appris à jouer de la guitare à l’âge de 16 ans. Je suis plutôt autodidacte en la matière, même si j’étais au CNEM pendant deux ans sous la direction d’un enseignant dont j’ai oublié le nom et à qui je dois beaucoup car il m’a appris comment ne pas brider ma créativité. Dès le début, j’étais intéressé par la composition ; et je suis resté mélodiste, car je ne suis pas un virtuose de cet instrument. Artistiquement, et cela avant la musique, j’ai commencé à apprécier la littérature, dont malgache, et à écrire des petits poèmes à l’âge de 10 ans. Je commençais à écrire des textes en malgache (dont j’ai oublié la plupart !) sur des chansons Rock connues (celles d’Elvis Presley, de Carl Perkins, des Beatles,…). Naturellement, je suis venu à la musique Rock car j’aimais bien l’énergie que cela dégageait. C’était comme un amusement pour moi ; mais quand j’ai vraiment commencé à composer et à écrire quelques années plus tard, ma démarche artistique était déjà définie : essayer de marier la musique avec la poésie.



Handrix - Passionnant et instructif. Ceci étant, parlons de l’album! Comment le décrirais-tu s'il te plait?


Andry RASOLO - Cet album est le fruit de ma collaboration avec Dekapy qui a mis son talent et son savoir-faire au service de mes chansons. Je ne le remercierai jamais assez car il m’a permis de réaliser un rêve d’adolescent.

Déjà, en 2009, l’idée d’enregistrer un album trottinait dans ma tête car j’avais beaucoup de chansons qui étaient prêtes et qui tenaient la route à l’époque. Pour cela, j’ai commencé à réunir des musiciens cosmopolites en région parisienne afin d’arranger mes chansons. Nous avons tenu le temps de quelques concerts ; mais quand j’ai voulu qu’on arrête de faire de la scène afin d’enregistrer l’album, nos divergences ont pris le dessus. Avec le recul, je me suis dit que le blocage était d’ordre technique car nous nous sommes rendus compte que nous avons atteint le maximum de notre potentiel en tant que groupe. Humainement, je suis toujours en bons termes avec mes anciens complices. Je me suis rendu compte plus tard que cette expérience fût nécessaire au mûrissement de mon projet. Puis j’étais en contact avec Dekapy à partir de 2010. C’est lui qui est à l’origine des arrangements de (presque) toutes les chansons de l’album. D’ailleurs, sa touche est reconnaissable dès les premiers riffs et solos de guitare de ce premier opus d’Ankoay






Miora au chant

Handrix - Un petit coucou à Dekapy. Belle collaboration. Serait-ce un lancement de carrière?


Andry RASOLO - Je ne suis pas carriériste en matière musicale. Je fais de la musique pour le plaisir. Si certaines de mes chansons vont connaître du succès auprès du public, tant mieux. Car je me suis fixé un objectif en la matière : partager mes chansons avec un maximum de gens. J’ai mis du temps pour le faire ; mais j’y suis arrivé; et c’est l’essentiel.




Handrix - Bravo ! A propos, étant alors auteur, compositeur et interprète du groupe, comment travailles-tu? As-tu un processus d’arrangement particulier? D'où viennent tes thématiques?


Andry RASOLO - C’est l’inspiration (lol).
Trêve de plaisanterie, je dirai que pour moi, faire une chanson est comme jouer au puzzle : tu peux finir une chanson rapidement comme cela peut demander du temps. J’ai toujours l’impression que les chansons viennent assez spontanément : une fois, c’est la musique qui vient en premier ; et une autre, ce sont les textes. Bref, je n’ai pas l’impression de travailler mais de créer quand je fais une chanson. Il m’arrive même d’aboutir à quelque chose dont je ne m’y attendais pas !
Quant aux thématiques, ils parlent de beaucoup de choses : de spiritualité, de fraternité entre humains, d’amour, de non-violence, de notre patrie, ...





Fred à la guitare basse et Haja à la guitare solo

Handrix - Dac. Sinon, tu chantes en malgache, peux-tu expliquer ce choix? Un public cible en particulier?

Andry RASOLO - C’est plutôt pour ne pas être déraciné (sourires).
Comme je te l’avais dit au début, ma démarche artistique se résume en la recherche d’un mariage entre la musique et la poésie malgache. Je vais aussi rajouter que nous avons notre propre culture ; et si nous voulons maintenir cette flamme malgache qui est en nous, il faut l’entretenir. La langue malgache est le premier garant de l’existence de Madagascar en tant que Nation : si elle n’existerait pas, notre patrie tendrait à disparaître. >



Fanambaràna :



Handrix - Très louable. A propos, combien de temps alors pour cet album? Le projet d'enregistrement a-t-il nécessité un réalisateur?


Andry RASOLO - Il m’a pris trois ans.

Dekapy a joué et programmé toutes le parties instrumentales de l’album ; sauf pour quelques chansons et le dernier titre. Quant aux parties vocales, j’ai effectué tous les lead et background vocals. Puis sur les parties vocales de certaines chansons, j’ai collaboré avec des amis : Syntia, Rija, et Michel. Crecendo Azgrab lui a assuré le mastering et le mixage ainsi que l'arrangement et la réalisation du dernier morceau "Rehefa irery aho" de l'album. Encore merci à eux.



Michel ROGA


Handrix - Saluons ici la polyvalence et efficacité de Dekapy qui n’est plus à démontrer, mais également cette collaboration fructueuse entre les artistes rock. Au fait, pour mieux vous situer, quelles sont vos influences, vos couleurs musicales?


Andry RASOLO - Je n’ai pas d’influences particulières, même si j’aime écouter en matière de Rock des groupes ou chanteurs comme les Beatles, les Rolling Stones, Dire Straits, Chuck Berry, J.J Goldman, Jeneraly, Iraimbilanja,... D’ailleurs mon éclectisme en matière musicale peut se reconnaître dès les premières notes de l’album. Ce qui résume en mieux ma musique serait le terme « Pop Rock ». Quant au Métal, je considère qu’elle représente l’évolution naturelle du Rock. Par exemple, quand on écoute actuellement des chanteurs américains comme Lenny Kravitz ou Ben Harper, on entend un peu du son Métal dans ce qu’ils font sur certaines chansons, alors qu’ils sont dans la catégorie « Pop Rock ».



Handrix - Dac. Continuons, y a-t-il des messages particuliers, pas forcément subliminaux (lol) à délivrer à travers cet album? Je pense à ceux qui ne comprennent pas le malgache?


Andry RASOLO - L’album est très Peace and Love ; fidèle, je crois, à ma philosophie de la vie. Pas de messages subliminaux mais au contraire des messages très simples comme j’ai déjà évoqué toute à l’heure.





"Malagasy aho" - ANKOAY

Handrix - Cool. Une certaine ambiance joyeuse se dégage de cet album, qu'en penses-tu?


Andry RASOLO - J’écris plutôt des chansons à textes. Donc à partir du moment où je vais dans ce sens, les paroles peuvent être interprétées de façon différente par les personnes qui les lisent.
La plupart du temps, je mets en contraste ce que l’on considère comme le bien et le mal ; puis ma conclusion est presque toujours la même : l’amour vaincra. J’essaie de ne pas écrire seulement quelque chose de sombre. D’après moi, la seule chanson de l’album où les textes sont exclusivement tristes serait « Dia miverina » ; et il s’agit d’un poème d’Elie Rajaonarison que j’ai mis en musique avec un ami afin de lui rendre hommage.



Handrix - Romantique et poétique à la fois. J’y pense, de ton point de vue, est-ce envisageable à terme de vivre professionnellement de ta passion?


Andry RASOLO - Cela dépend du contexte où tu évolues.
A Madagascar, il y a des artistes qui arrivent à vivre de leur musique ; mais ils ne sont pas nombreux. La plupart d’eux ont autre chose (un travail, un commerce,…) à côté car il faut l’avouer : la musique ne nourrit pas son homme chez nous, sauf dans des rares situations.

En France, si tu commences à faire de la musique très tôt, je crois que tu peux en vivre correctement à partir d’un certain moment. Ce qui n’est pas mon cas car j’ai commencé à me lancer à un âge avancé.

Puis le talent artistique ne suffit pas : il y a le facteur « chance » qui joue aussi beaucoup si on veut vivre professionnellement de la musique. On a toujours un brin d’espoir qu’à force de persévérer, on peut arriver à quelque chose matériellement ; mais sans être résigné, je me suis dit que le potentiel commercial de mes chansons reste faible car faire du Pop Rock en langue malgache restreint tout de suite le public qui s’intéresse au produit que je propose. Sauf s’il y a un grand tapage médiatique sur la culture malgache dans des pays où la consommation de masse est forte (cas des « sociétés de consommation » comme en France, aux Etats-Unis, au Japon).




Vony au clavier



Handrix - C’est un sujet subtil en effet ! Pour en revenir à l'album, quel est votre plus grand souhait le concernant?


Andry RASOLO - Que les gens l’écoutent !

Si certaines personnes peuvent trouver du plaisir en écoutant les chansons présentes dans ce premier album d’Ankoay, je dirai que mon objectif est atteint. Toutes les thématiques en matière de chanson malgache ont déjà été abordées par les Mahaleo ou les Lôlô sy ny Tariny ; mais Ankoay essaie juste de faire des chansons à texte dans le milieu du Rock malgache.




Alban à la batterie



Handrix - Ok. Parlons un peu de toi, les chanteurs qui t'inspirent?


Andry RASOLO - Ils sont nombreux !
Ceux qui m’ont vraiment donné l’envie de faire de la musique sont les Beatles. Je ne me lassais pas de les écouter pendant des heures quand j’étais adolescent ! J’écoutais aussi des groupes malgaches comme Jeneraly et Iraimbilanja. Pour moi, Jeneraly était le premier groupe de Rock malgache qui faisait vraiment des chansons à texte ; et Iraimbilanja a puisé un peu partout, dont dans la musique du terroir (le Rock « vokatry ny tany »). Au fil du temps, je m’intéressais à certains groupes ou chanteurs que je vais citer grosso modo : Chuck Berry, les Rolling Stones, Jimi Hendrix, Deep Purple, Police, Dire Straits, Nirvana, Muse,… Actuellement, je suis à ma période Ben Harper.




Handrix - Yes, Jimi Hendrix ! Au fait, t'es plus chanteur ou guitariste? Comment allier chant, guitare, boulot, vie de famille...?


Andry RASOLO - Je suis les deux en même temps (sourires).

Je ne peux pas me passer de ma guitare pour composer, pour transcrire des lignes mélodiques que j’ai trouvées dans ma tête ou à force de jouer avec l’instrument. Quant au chant, j’essaie juste de chanter avec mes tripes afin de mettre en valeur mes textes et ma musique.

Dès fois, ce n’est pas facile d’allier la musique et l’écriture avec le boulot et la vie de famille ; mais heureusement que ma femme est quelqu’un d’assez tolérante (lol). Mon entourage direct sait comment je fonctionne : il ne me juge pas sur ce que je fais car il comprend que la musique et l’écriture font partie de mon univers et qu’elles m’aident à trouver un équilibre en tant qu’être humain.




Romains à la guitare rythmique



Handrix - Un vrai poète ce Sieur Andry lol. Je crois savoir qu'un concert de promotion est en vue, voire imminent, peux-tu nous en parler stp? Qu’en est-il des guests ? Puis, est-ce judicieux de parler de tournée en termes de projet?


Andry RASOLO - On verra cela plus tard ! Pour le moment, je me focalise vraiment sur le concert de promotion de ce premier album qui aura lieu ce 10 mai à partir de 19 heures au Klub, 14 rue Saint-Denis, 75001 Paris.
Pour ce qui est des Guests et des conditions du concert, il y aura Vandeirs que je vais qualifier de groupe de Hard Rock « Old school » dont le leader est Maharo, et Havana Blue qui est un groupe de Pop Rock éclectique (Blues, Rock, Reggae,…) mené par Romains. Puis il y aura quelques surprises pour le public ; mais ils verront cela le jour du concert même. Quant aux conditions du concert, ce dernier sera plutôt intimiste car la capacité de la salle est de 120 personnes. Le prix d’entrée, quant à lui sera de 8 € ; et l’album se vendra sur place à 7 €.



Maharo du groupe VANDEIRS (Guest)



Handrix - Ok c’est noté ! Parlons d'internet et de l'importance du contact direct avec ses fans via cet outil veux-tu! Ankoay aurait-il une stratégie tendant dans ce sens? Genre offres d'écoutes gratis ou avant l'heure de tel ou tel morceau(x) de l'album par exemple?


Andry RASOLO - Internet est un outil moderne et efficace afin de se faire connaître ; mais je pense que la qualité artistique doit primer avant tout si on veut s’investir dans le milieu culturel.
On a beau être sur Myspace, Facebook ou Soundcloud ; mais si la qualité artistique n’est pas au rendez-vous, Ankoay peut disparaître très vite de la scène Rock. D’où l’importance de peaufiner vraiment les chansons avant qu’elles ne sortent sur un support (internet ou autre). Sur ce point, nos chansons sur Soundcloud sont plus élaborées que celles qui sont sur Myspace.



Handrix - Dac. Pour finir et le plus important, un petit mot pour tes fans et les visiteurs de HRMG?


Andry RASOLO - Je dirai tout simplement que j’ai fondé Ankoay dans le but de partager mon univers artistique avec un public plus large.

La sortie de notre premier album et ce premier concert en tant que tête d’affiche seront surtout déterminants pour la suite de l’aventure « Ankoay ». Ainsi, nous vous invitons à venir nombreux afin de nous soutenir. Vous ne serez pas sûrement dépaysés par la qualité du spectacle qu’on va proposer. Rendez-vous donc ce 10 mai au Klub, 14 rue Saint-Denis, 75001 Paris, à partir de 19 heures.

Puis le mot de la fin sera aussi un grand merci à toi, Handrix, qui a accepté d’interviewer un groupe qui est presque inconnu dans le milieu du Rock malgache.



Handrix - You’re welcome. Merci à Andry RASOLO, au profil sympathique, pour cette interview nature, passionnante et sensée et puis, beaucoup de succès à cet album et à Ankoay!









ANKOAY


LE CONCERT :


Samedi 10 mai au KLUB
14 rue Saint-Denis, 75001 Paris, à partir de 19 heures.



Handrix.











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